mardi 13 juin 2017

Brevet 400 km en Catalogne


Vendredi 19 mai, me voici de retour à Barcelone. Parti la veille au soir de Lyon, un bus de nuit m'a déposé à l'Estació del Nord au petit matin. Je sors mon vélo de sa housse et le remonte pour pouvoir traverser la capitale catalane en direction de Cerdanyola del Vallès.




A Cerdanyola, tout comme l'an passé pour le Barcelone-Perpignan-Barcelone, Manuel et son épouse m'accueillent chaleureusement.
Cette année Manuel va faire le London-Edimbourg-London, une épreuve de 1400 km dans le genre du Paris-Brest-Paris. Pour se préparer il effectue divers brevets dont un 400 km qu'il me propose de venir faire avec lui.
Quel plaisir de revenir en Catalogne ! et sans attendre la prochaine édition du BPB l'année prochaine !

Ce brevet est organisé à l'occasion du dixième anniversaire de jumelage entre le village catalan de Calaf et celui de Soual dans le Tarn. C'est donc un BRM en ligne, et non en boucle, qui reliera les deux communes (brevet-calaf-soual.blogspot.fr). Voici le parcours :




 

Samedi 20 mai, après une courte nuit (réveil à 3h) nous retrouvons Adrià pour rejoindre Calaf en voiture. Nous reformons le même trio que l'année dernière.
Je mesure à quel point c'est précieux d'avoir d'aussi solides et sympathiques compagnons de route : moltes gràcies Manuel i Adrià !

En plus de mes photos j'ai ajouté des photos de l'organisation (ici les deux du bas).
        
Les inscriptions se font dans le hall de la mairie, où nous déposons nos sacs qui seront acheminés à l'arrivée. Un petit déjeuner est offert. Le maire de Calaf, qui participe au brevet, vient saluer le seul français inscrit. Je retrouve aussi Susana, rencontrée sur le Barcelone-Perpignan-Barcelone. Elle a fait une Flèche Vélocio à Pâques et se prépare à faire le Londres-Édimbourg-Londres !
6h, c'est le départ ! 44 cyclos s'élancent dans les ruelles de CALAF sous d'encourageants applaudissements !

La vidéo d'Adrià :
 

C'est le petit matin et, dans l'intérieur des terres à 600 mètres d'altitude, il fait à peine 5° C quand nous prenons le départ. Mais le soleil va rapidement se lever et nous n'aurons plus froid.

 

Premier contrôle à SANT MARTÍ DE TORRUELLA dans une station service. Nous sommes au km 33 et il est 7h05.
Nous continuons tranquillement la route en gros peloton. Nous occupons toute la route ? Aucun automobiliste ne s'en formalisera. La Catalogne est vraiment un pays exotique !
 

A 9h15 nous arrivons à BERGA où nous faisons tamponner nos cartes de route pour le contrôle du km 82.


A la sortie de Berga nous entamons une première série d'ascensions. Il fait beau, les paysages sont magnifiques, on roule à belle allure : tout va bien ! Enfin... jusqu'à ce que, dans une descente,  la fixation de mon dérailleur avant se casse. Je mets un peu de temps à comprendre ce qui se passe. Le dérailleur reste attaché au cadre mais glisse lorsque je tire sur le câble. Impossible donc de changer de plateau. Je m'arrête pour essayer de le resserrer. Alors que j'ai toujours une trousse à outils complète je constate que je n'ai pas la clé de 8 nécessaire. Difficile de garder son sang-froid ! Je fais des milliers de kilomètres sans aucune panne et il faut que ça m'arrive sur un brevet plutôt que lors d'une petite sortie près de chez moi !...
Le moral en a pris un coup mais je ne me décourage pas. Je place le dérailleur de manière à pouvoir utiliser mon plateau central de 38 et nous reprenons la route avec Manuel qui s'était arrêté avec moi et Adrià qui, ne nous voyant pas arriver, avait rebroussé chemin.

On peut me voir me débattre avec le dérailleur qui bloque la chaîne dans la deuxième vidéo d'Adrià (à 2mn) :


Nous rejoignons Ramon Catalan Miro, dont j'avais fait la connaissance l'an dernier, et qui est l'organisateur de ce brevet. Il cherche dans sa sacoche une clé plate de 8. Il n'en a pas et c'est normal,  sur un vélo récent il n'y a besoin que de clés Allen. Nous convenons avec Manuel d'attendre le prochain contrôle à Ripoll pour demander de l'aide dans un garage.
Pour le moment j'essaie de penser à autre chose et surtout de profiter de notre belle randonnée.  Nous nous prenons en photo avec Ramon :

 

Nous arrivons à RIPOLL (km 126) à 11h20. Nous faisons tamponner nos cartes de route à nouveau dans une station service. Le garagiste nous prête une clé de 8 et je démonte mon dérailleur pour un diagnostic plus précis : la bague de fixation est cassée. Je décide donc de continuer avec le 38. Et c'est donc avec un seul plateau que je vais faire les 3/4 de ce brevet. Une belle occasion de travailler la vélocité !
Maintenant les choses sérieuses commencent ! Deux cols pyrénéens sont au programme. Nous décidons de nous arrêter manger au contrôle suivant après le premier col.


Le col de Toses n'est vraiment pas difficile mais l'ascension est longue et je commence à fatiguer. Je laisse partir Manuel et Adrià devant. Ce n'est pas seulement la fatigue qui me ralentit mais un début de fringale. Préoccupé par mon problème de dérailleur je ne me suis pas assez alimenté et j'ai oublié de reprendre de l'eau à Ripoll ! Me voilà tout seul avec un fond de bidon dans cette côte qui n'en finit pas... Je m'arrête pour manger quelques barres et une compote. Je trouve une source pour reprendre un peu d'eau. On va dire qu'à cette altitude elle doit être potable.


Enfin le sommet ! Un touriste avec qui nous discutons sort de son coffre des bouteilles d'eau pour remplir nos bidons. Et puis c'est la descente ! Avec un 38x11 inutile d'essayer de relancer. Il me faut me mettre en position aérodynamique et surtout ne pas trop perdre de vitesse en freinant plus que nécessaire.


Nous arrivons à PUIGCERDÀ (km 189) à 14h50.
Ai-je besoin de préciser que j'ai hâte de me mettre à table ? J'ai faim depuis un moment. Faut dire que je n'ai pas eu le temps de me mettre à l'heure espagnole !
Nous trouvons un petit restaurant où nous nous installons en terrasse. Sandwichs pour mes compagnons, copieuse assiette  de "macarrones" pour moi !


Ah ! ça va mieux ! Me voilà requinqué. Après avoir pointé dans une station service, nous traversons la frontière et nous prenons la route en direction du col de la Quillane dans le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes.


Ensuite, pendant les 100 prochains km, c'est presque que de la descente.



Dans la plaine nous rejoignons un groupe d'une dizaine de brevetistes dont Jordi Badia, le maire de Calaf.


Nous roulons à bonne allure et notre groupe se réduit à six pour finir le brevet. En plus de nous trois l'équipe de rouleurs est composée de Jesús, Savador et Miguel Ángel. C'est au crépuscule que nous arrivons à CARCASSONNE, le cinquième contrôle (km 332). Il est 21h10 et nous nous arrêtons une bonne heure dans une pizzeria pour une halte réparatrice.


Nous reprenons la route toujours à bonne allure. Nous ne faiblissons pas (ou peu) malgré la nuit et les kilomètres au compteur. Nous mettrons 2h45 pour couvrir les 75 derniers kilomètres. Avec mon 38 je continue à faire de la moulinette, ce qui n'est pas plus mal pour soulager les muscles et faciliter la récupération.


23h40. Pour le contrôle nocturne de CASTELNAUDARY (km 374) nous nous prenons en photos devant le panneau.


Et enfin ! l'arrivée à Soual ! Accueil chaleureux et même admiratif du maire de Soual et de quelques villageois. Nous pointons à 1h00 pile. Nous avons donc mis 19h (dont pour ma part 16h12 sur le vélo). Rafel Esteban est arrivé 50 mn avant nous, les autres participants suivront les uns après les autres au cours de la nuit.


Une petite photo de notre trio puis nous récupérons nos sacs pour aller prendre une douche et manger un morceau. Ensuite, un bon dodo !


La route entre Puigcerdà et Soual en vidéo par Adrià :


Le dimanche matin nous partageons un solide petit déjeuner et nous nous promenons dans Soual.


Les géants de Calaf, Jaume et Calamanda, sont venus jusqu'à Soual pour fêter les dix ans de jumelage, ainsi que le groupe folklorique pour une démonstration de danse traditionnelle catalane.


Je décide de rester pour profiter des festivités et de la compagnie de mes compagnons de route.
Et puis il y a un bon repas au programme : c'est précisément ce dont j'ai besoin car je dois reprendre des forces pour reprendre le vélo.


 
                   Susana et Manolo.                                              Le maire de Soual et Jordi Badia le maire de Calaf.

Les photos et récits de ce mémorable brevet ici : brevet-calaf-soual.blogspot.fr
Bravo au club de Calaf et à tous ceux qui ont participé à l'organisation de ce brevet ! En particulier Ramon qui en a eu l'idée et qui pense déjà à en organiser d'autres.
Il est temps de se dire au revoir. Tous les vélos (sauf le mien !) ont été chargés dans les soutes des deux cars affrétés pour le retour à Calaf.

Adéu a tots!


J'enfourche ma randonneuse direction Albi, à une cinquantaine de kilomètres, pour prendre le train. J'ai bien mangé et je m'hydrate régulièrement, je devrais donc réussir à rentrer chez moi. J'avais planifié mon retour, y compris en repérant un commerce ouvert le dimanche à Albi. Il ne faut pas oublier de se ravitailler car le week-end n'est pas encore terminé...
Après mon itinéraire TER (train et car) qui me mène à Aumont-Aubrac, il me reste encore à parcourir 90 km à vélo à travers la Margeride sous un magnifique ciel étoilé pour rejoindre le Puy en Velay... à 3h du matin !


Vivement l'année prochaine pour le Barcelone-Perpignan-Barcelone !
Vive la longue distance !

1 commentaire:

  1. Merci Rémi , c'est une bonne memorie !.
    A bientôt ( surement dans la prochaine Barcelona-Perpignan-Barcelona'2018 )!

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